Prévisions économiques deuxième partie, le Canada

Perspectives économiques du Canada

Autre pays, autre réalité. Le Canada fait lui aussi face à de grands défis pour les années futures et comme dans l’article précédent, il serait difficile d’affirmer avec certitudes ce que sera le pays dans 10 ans. Il y a toutefois des éléments que nous pourrions avancer avec une certaine aisance.

Rappelons que nous avions identifié dans un premier article France vs. Canada : le match!, certains points marquants à savoir une industrie canadienne fortement orientée vers les ressources naturelles, la compétitivité internationale fragile, des finances saines ainsi qu’une bonne gestion et finalement une situation immobilière à risque.

Voici donc notre vision de l’économie canadienne dans dix ans ainsi que les défis à relever.

Les ressources naturelles toujours de l’avant

Les ressources naturelles sont un des grands piliers de l’économie canadienne. La présence de réserves importantes nous permet de croire que l’extraction des ressources minières sera toujours au centre de l’économie pour la prochaine décennie. L’enjeu demeure toutefois la transformation de ces matières premières. Les entreprises et citoyens canadiens auraient grand avantage à offrir la deuxième et troisième transformation, alors que les grandes compagnies seront de plus en plus des entreprises étrangères.

Les technologies d’exploitation des sables bitumineux de plus en plus vertes permettront probablement une meilleure acceptation de cette exploitation. Au Québec, les ressources minières auront pris une grande position dans l’économie offrant un deuxième souffle à la province.

Le Canada reposera aussi sur une économie du savoir, et tout particulièrement dans le génie de grands projets ainsi que les services autour de la transformation des ressources premières.

La fluctuation des cours boursiers de certains minéraux rares pourrait toutefois nuire à une économie qui serait grandement dépendante du secteur minier. Il est donc important de bien doser les investissements dans ce secteur afin de ne pas dépendre trop fortement des mines et ressources naturelles.

L’immobilier instable

Une situation immobilière instable caractérisera probablement les années à venir. Plusieurs analystes observent déjà en ce moment et depuis quelques années une surenchère. Sans vivre un éclatement d’une bulle, les Canadiens devront vivre avec un rajustement sévère du prix des maisons dans certaines grandes villes comme Vancouver, Toronto et Montréal alors que d’autres régions deviendront l’objet d’une surchauffe tel qu’Edmonton ou Calgary.

La bonne gérance des banques ainsi que l’intervention de grands acteurs économiques caractérisant la politique économique du Canada nous feront probablement éviter l’éclatement. Notons que l’immigration contribuera d’une certaine façon à amoindrir la chute.

L’étalement urbain ainsi que la nécessité de développer des moyens de transport plus efficaces et moins polluants modifieront la carte urbaine de plusieurs villes. Le retour en force du train ainsi que la concentration urbaine pourraient être au milieu de plusieurs discussions quant à l’avenir des villes et des banlieues du pays.

Passage du Nord-Ouest

Le réchauffement climatique dans le nord du pays engendre l’ouverture d’un passage pour les grands bateaux désirant partir d’Europe vers l’Asie. Cette nouvelle route maritime, plus courte que le passage par le Panama, est un enjeu de taille pour le Canada qui souhaite réaffirmer haut et fort sa souveraineté sur ces territoires. Déjà depuis quelques années le gouvernement actuel intensifie sa présence en Arctique via la recherche scientifique ainsi que la présence militaire. Les points qui causeront certainement de grandes discussions tourneront autour de la souveraineté, la pollution ainsi que la responsabilité en cas de catastrophe. Au cœur de ce conflit, on retrouve la Russie, les États-Unis ainsi que le Danemark.

Dans la même région, le Canada aura probablement plusieurs défis en lien avec le réchauffement climatique et les territoires du nord. La fonte du pergélisol entraine une érosion accélérée des terres ainsi que la diffusion de méthane, extrêmement dangereux pour la couche d’ozone. En contrepartie, le climat plus doux ouvre la porte à l’exploitation de ressources autrefois inaccessibles ou difficilement exploitables.

Les échanges internationaux

La position géographique du Canada a toujours favorisé les échanges économiques avec les États-Unis. Cette grande complicité économique pourrait toutefois être bouleversée alors que des marchés émergents comme l’Asie avec la Chine et l’Inde ainsi que l’Amérique du Sud avec en tête le Brésil pourraient offrir de meilleures opportunités. La situation économique des États-Unis étant fragile, il ne serait pas faux de croire que les exportations canadiennes soient axées davantage vers ces marchés émergents.

Le changement est déjà enclenché alors que les missions économiques se multiplient dans ces deux grandes régions du globe. Les prochaines années pourraient aussi nous réserver quelques surprises au niveau des ententes de libre-échange. Alors que les États-Unis contreviennent en ce moment aux ententes, notamment pour le bois d’œuvre, le Canada pourrait signer d’autres partenariats avec ses proches voisins et ainsi diversifier ses partenaires commerciaux.

Vu d’ensemble sur l’économie

Évidemment, plusieurs autres éléments pourraient intervenir sur l’économie, mais font partie des événements-surprises d’un pays. De façon générale, le Canada demeure tout de même une économie plutôt stable, avec des politiques de régularisation performantes ainsi qu’un système bancaire efficace, le Canada devrait toujours bien s’en sortir, mais peut-il performer, la question se pose!